Changement de regard

Lorsque le citadin arrive à la campagne, son regard se détend et s’affine. Et il lui faut en général une dizaine de jours et un minimum de bonne foi pour apprendre, ne serait-ce qu’un tant soit peu, à regarder la nature comme un chasseur-cueilleur. C’est-à-dire avec une perspective à la fois pragmatique et esthétique.

En devenant capable, par exemple, de repérer au milieu d’une accumulation de verdure, les bleuets et les framboises noires qui s’y dissimulent. Et en comprenant que, même s’ils se cachent, ils veulent être trouvés et que pour ce faire, s’assurent de se colorer en contraste au feuillage au sein duquel ils se déploient.

Les évolutionnistes vont diront que cela leur confère un avantage adaptatif; sans doute vrai. Mais je pense qu’une telle vision sous-estime le narcissisme de la nature, son envie de se donner à voir dans sa plus belle parure, qu’elle soit bleuet, framboise noire ou chardonneret jaune.

Christian Fritschi Montréal Creative Commons

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