Chronique de lecture

Paru l’année dernière, cet étrange o.l.n.i. (objet littéraire non-identifié), écrit par le poète Julien d’Abrigeon, aussi enseignant en France, aux éditions Le Quartanier.
Il y raconte les aventures de toutes sortes d’Icares modernes qui, chacun à leur façon, sont montés « trop haut », que ce soit littéralement dans le ciel en parapente, sur des surfaces verticales en escalade ou à bord d’une fusée, ou métaphoriquement dans leurs velléités présomptueuses de réforme de l’orthographe du français ou de réussite biotechnologique, et ont fini par retomber, certaines fois de manière catastrophique, d’autres fois en survivant presque miraculeusement.
La lecture nous met tour à tour dans la position d’observateur incrédule, de Dédale plein d’inquiétude paternelle et parfois même d’Icare par procuration.
J’écris o.l.n.i., mais il ne faut pas croire le livre illisible, au contraire, il l’est splendidement, avec des passages, surtout au début, nettement poétiques, et par la suite des narrations d’une grande clarté et jamais moralisatrices. L’histoire d’Icare en est une de destin, pas de morale, et ce destin y est présenté au pluriel, dans une langue claire et hautement lisible.